Hommages au Professeur Dzokanga

Professeur Dzokanga

L'Ambassadeur du Congo en France, rend hommage à Adolphe Dzokanga
Hommage à un citoyen Bonneuillois
Le lingala, la langue des possibles
RDA - Congo


RDA - Congo

RDA - Congo

Cérémonie de remise du dictionnaire lingala-français 3500 exemplaires du dictionnaire lingala-français d'Adolphe Dzokanga édité et publié en RDA ont été remis vendredi matin à la République populaire du Congo par l'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la RDA au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée au Centre culturel est-allemand à Brazzaville. La partie congolaise était représentée par le camarade Pierre Ngaka, directeur de cabinet du membre du bureau politique, chargé de l'idéologie et de l'éducation. Cet ouvrage renferme 306 pages. Réussir à insérer en l'espace de 306 pages toute la sémantique lingala, l'expliquer ou la traduire ensuite en français (langue de colonisation) et sortir le tout dans une imprimerie allemande de Leipzig en Allemagne Démocratique (RDA), relève de la gageure c'est pourtant ce que vient de réaliser notre confrère Adolphe Dzokanga, ancien animateur des programmes en langues vernaculaires à la radio diffusion et télévision congolaise, attaché de presse près de la présidence de la République, puis chargé de cours de lingala à l'université de la Sorbonne Nouvelle Paris III, puis chargé de recherches sur le lingala à la bibliothèque nationale. "Le problème des langues nationales est un problème si important qu'il constitue la clé de voute qui conditionne la réussite de l'école du peuple". "Il n'y a pas de libération nationale véritable pour un peuple employant pour exprimer une de ses valeurs et ses aspirations les plus profondes des moyens de communications contrôlés par des puissances étrangères qui codifient et modifient leurs lois comme bon leur semble". Les peuples russes, chinois, japonais, français, allemands et autres ne le savent pas pleinement s'ils devaient emprunter le woolof, le swahili ou l'hébreux pour exprimer leur identité culturelle et leur préoccupation profonde. Or, certains compatriotes habiles jongleurs d'écrire une lettre d'une page en leur langue maternelle sans recourir au français salvateur n'hésitent pas qualifier ce problème crucial de querelle byzantine et vont parfois jusqu'à exiger (à qui je ne sais) qu'on leur ponde l'acte de naissance de nos langues. Comme si elles n'existaient pas encore. À croire que les singes culturels que nous sommes tous devenus jouons très bien notre rôle de gardiens et de commis-voyageurs de la civilisation de nos maîtres. La langue étant l'expression concentrée d'un peuple, ce qui est certain c'est qu'à plus ou moins longue échéance, il faudra bien se résoudre à lever ce lièvre. Pour l'instant nous ne faisons que retarder l'échéance de la fin de mythe de suprématie européocentrique de la langue qui débouche, comme chacun le sait, sur un impérialisme culturel très subtil, tranquillisant et aliénant aux effets tardifs mais dévastateurs comme le cancer. Quand on se rend compte du mal, la gangrène a déjà conquis le corps et souvent seule une opération très délicate mais combien nécessaire peut sauver le malade. L'ouvrage d'Adolphe Dzokanga peut donc être à double titre considéré comme une manifestation concrète de l’excellence des relations amicales et culturelles entre les peuples congolais et allemand et aussi comme contribution à l'édification d'une école du peuple en République Populaire du Congo. Avec la publication de ce livre et la parution très prochaine des nouveaux dictionnaires, réalisé par l'équipe de chercheurs et d'action de l'institut national de recherche et d'action pédagogique, on peut dire que l'école du peuple reposera désormais sur des bases solides. Il ne restera plus aux responsables politiques que la volonté de lutter et de décider en toute connaissance de cause.

Article écrit par Léoplde Pindy paru dans le magazine MWETI n°300 - samedi 26 juillet 1980

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